Lundi de la 5ème semaine de Carême
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Méditation
« Moi, je suis la lumière du monde. »
Jésus ne dit pas : je donne une lumière.
Il dit : je suis la lumière.
Cela change tout.
Car suivre le Christ, ce n’est pas seulement recevoir des réponses,
c’est entrer dans une relation vivante avec Celui qui éclaire toute chose.
Mais alors, pourquoi avons-nous parfois l’impression d’être dans l’obscurité ?
Pourquoi la foi semble-t-elle parfois sèche, difficile, sans goût ?
Parce que la lumière de Dieu est trop forte pour nos yeux encore habitués à l’ombre.
Comme lorsqu’on sort brusquement dans le plein soleil : il faut du temps pour voir.
Et c’est ici que la louange devient essentielle.
La louange ne dépend pas de ce que je ressens.
Elle dépend de ce que Dieu est.
Louer Dieu, c’est reconnaître qu’il est lumière…
même quand je ne vois pas clair.
C’est dire :
Seigneur, tu es là, même si je ne te sens pas.
Tu es lumière, même si je suis dans la nuit.
Tu es fidèle, même quand je doute.
La louange est un acte de foi pur.
Un acte qui nous arrache à nous-mêmes.
Car dans l’obscurité, nous avons tendance à nous replier,
à analyser, à nous inquiéter, à chercher des solutions par nous-mêmes.
La louange fait exactement l’inverse :
elle nous tourne vers Dieu.
Elle ouvre une brèche dans la nuit.
Elle ne fait pas disparaître immédiatement l’obscurité,
mais elle nous met déjà dans la lumière.
« Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. »
Il ne dit pas : il ne connaîtra jamais la nuit.
Mais : il ne marchera pas dans les ténèbres.
Autrement dit, même dans l’épreuve, il est déjà orienté vers la lumière.
En ce Carême, nous pouvons peut-être redécouvrir cela :
apprendre à louer Dieu, même sans consolation.
Apprendre à rendre grâce, même dans la pauvreté intérieure.
Apprendre à dire « gloire à Dieu »… même quand tout n’est pas clair.
Car la louange est déjà une participation à la lumière.
Et celui qui loue…
marche déjà dans la lumière.
La Minute caté
751 Le mot " Église " [ekklèsia, du grec ek-kalein, " appeler hors "] signifie " convocation ". Il désigne des assemblées du peuple (cf. Ac 19, 39), en général de caractère religieux. C’est le terme fréquemment utilisé dans l’Ancien Testament grec pour l’assemblée du peuple élu devant Dieu, surtout pour l’assemblée du Sinaï où Israël reçut la Loi et fut constitué par Dieu comme son peuple saint (cf. Ex 19). En s’appelant " Église ", la première communauté de ceux qui croyaient au Christ se reconnaît héritière de cette assemblée. En elle, Dieu " convoque " son Peuple de tous les confins de la terre. Le terme Kyriakè dont sont dérivés church, Kirche, signifie " celle qui appartient au Seigneur ".
752 Dans le langage chrétien, le mot " Église " désigne l’assemblée liturgique (cf. 1 Co 11, 18 ; 14, 19. 28. 34. 35), mais aussi la communauté locale (cf. 1 Co 1, 2 ; 16, 1) ou toute la communauté universelle des croyants (cf. 1 Co 15, 9 ; Ga 1, 13 ; Ph 3, 6). Ces trois significations sont en fait inséparables. " L’Église ", c’est le Peuple que Dieu rassemble dans le monde entier. Elle existe dans les communautés locales et se réalise comme assemblée liturgique, surtout eucharistique. Elle vit de la Parole et du Corps du Christ et devient ainsi elle-même Corps du Christ.
Pour approfondir :
Traité de saint Augustin sur l’évangile de Jean
Mes frères, puisque le Seigneur s’est exprimé en peu de mots : Je suis la lumière du monde, distinguant ce qu’il a ordonné et ce qu’il a promis, faisons ce qu’il a ordonné pour ne pas désirer avec impudence ce qu’il a promis, de peur qu’il ne nous dise au jour du jugement : « As-tu fait en réalité ce que j’ai ordonné pour réclamer ce que j’ai promis ? » Qu’as-tu donc ordonné, Seigneur notre Dieu ? Il te répond : « De me suivre ». Tu as demandé un conseil pour arriver à la vie. À quelle vie, sinon à celle dont il a été dit : Auprès de toi est la source de la vie ?
Pour nous donc, maintenant, faisons-le, suivons le Seigneur, brisons les entraves qui nous empêchent de le suivre. Et qui peut dénouer de tels nœuds sans le secours de celui auquel il a été dit :
Tu as rompu mes liens, lui dont un autre psaume déclare : Le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur relève ceux qui sont brisés. Et que suivent ceux qui sont déliés et relevés, sinon cette lumière à qui ils entendent dire : Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, puisque le Seigneur illumine les aveugles ?
Or lui-même a dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nous jouirons de la vérité quand nous verrons face à face, puisque cela aussi nous est promis. Car qui oserait espérer ce que Dieu n’aurait daigné ni promettre ni donner ? Nous verrons face à face. C’est une grande promesse : si tu aimes, suis. J’aime, dis-tu, mais par quel chemin dois-je suivre ? Si le Seigneur ton Dieu t’avait dit : Je suis la vérité et la vie, dans ton désir de la vérité, dans ta poursuite de la vie, tu chercherais de suite le chemin pour parvenir à ces biens et tu te dirais : « C’est un grand bien que la vérité, c’est un grand bien que la vie ; si seulement il existait un chemin pour mener mon âme jusque-là ! » Tu cherches par où aller ? Écoute celui qui dit en premier lieu : Je suis le chemin. Où mène ce chemin ? À la vérité et à la vie. Demeurant auprès du Père, il est la vérité et la vie ; se revêtant de la chair, il s’est fait le chemin.