Carca'carême: Mercredi de la 5eme semaine du Carême

Postée le 24/03/2026

Mercredi de la 5ème semaine de Carême

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
    à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
    L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
    À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
    Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
    Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
    il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
    Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
    L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
    Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
    Car rien n’est impossible à Dieu. »
    Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Méditation

« L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie… »

Tout commence dans le silence.

Pas de bruit, pas de spectacle,
mais une parole discrète,
dans une maison ordinaire, à Nazareth.

Dieu entre dans l’histoire
non pas en s’imposant,
mais en parlant.

Et Marie écoute.

Elle est bouleversée,
elle ne comprend pas tout,
elle questionne même…

mais elle demeure dans l’écoute.

C’est là que naît l’Angelus.

Car l’Angelus n’est pas d’abord une prière répétée,
c’est une mémoire vivante :

le souvenir d’un instant
où Dieu est entré dans une vie…
et où une liberté humaine a dit oui.

« Voici la servante du Seigneur. »

Ce « oui » de Marie est une bascule.

À cet instant, le ciel touche la terre.
À cet instant, le Verbe se fait chair.
À cet instant, Dieu prend chair dans notre humanité.

Et trois fois par jour, l’Église s’arrête.

Elle interrompt le cours du temps,
le travail, les préoccupations,
pour revenir à cet instant fondateur.

Pourquoi ?

Parce que nous oublions.

Comme Israël dans le désert,
nous oublions que Dieu agit,
que Dieu parle,
que Dieu vient.

Alors l’Angelus devient un remède.

Il nous ramène à l’essentiel.

Il nous apprend à nous arrêter,
à relever les yeux,
à réentendre cette parole :

« Le Seigneur est avec toi. »

Et peut-être que la vraie question aujourd’hui est celle-ci :

Est-ce que je laisse encore Dieu entrer dans ma vie ?
Ou bien suis-je déjà trop rempli, trop occupé, trop pressé ?

Marie n’avait pas tout compris,
mais elle était disponible.

Elle ne maîtrisait pas l’avenir,
mais elle s’abandonnait : « Que tout m’advienne selon ta parole. »

L’Angelus nous apprend cela :

faire de notre journée
une suite de petits « oui ».

Un « oui » le matin,
un « oui » au cœur de la journée,
un « oui » le soir.

Non pas un oui parfait,
mais un oui réel.

Car Dieu ne cherche pas des vies parfaites,
il cherche des cœurs disponibles.

Et si aujourd’hui, simplement,
nous reprenions cette prière
non pas comme une habitude,
mais comme un acte de foi ?

Alors, comme en Marie,
Dieu pourra encore entrer dans notre vie.

Et le Verbe…
continuera de prendre chair dans le monde.

La Minute caté

484 L’Annonciation à Marie inaugure la " plénitude des temps " (Ga 4, 4), c’est-à-dire l’accomplissement des promesses et des préparations. Marie est invitée à concevoir Celui en qui habitera " corporellement la plénitude de la divinité " (Col 2, 9). La réponse divine à son " comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? " (Lc 1, 34) est donnée par la puissance de l’Esprit : " L’Esprit Saint viendra sur toi " (Lc 1, 35).

485 La mission de l’Esprit Saint est toujours conjointe et ordonnée à celle du Fils (cf. Jn 16, 14-15). L’Esprit Saint est envoyé pour sanctifier le sein de la Vierge Marie et la féconder divinement, lui qui est " le Seigneur qui donne la Vie ", en faisant qu’elle conçoive le Fils éternel du Père dans une humanité tirée de la sienne.

486 Le Fils unique du Père en étant conçu comme homme dans le sein de la Vierge Marie est " Christ ", c’est-à-dire oint par l’Esprit Saint (cf. Mt 1, 20 ; Lc 1, 35), dès le début de son existence humaine, même si sa manifestation n’a lieu que progressivement : aux bergers (cf. Lc 2, 8-20), aux mages (cf. Mt 2, 1-12), à Jean-Baptiste (cf. Jn 1, 31-34), aux disciples (cf. Jn 2, 11). Toute la vie de Jésus-Christ manifestera donc " comment Dieu l’a oint d’Esprit et de puissance " (Ac 10, 38).

487 Ce que la foi catholique croit au sujet de Marie se fonde sur ce qu’elle croit au sujet du Christ, mais ce qu’elle enseigne sur Marie éclaire à son tour sa foi au Christ.

Pour approfondir :

Homélie de saint André de Crète

Elle est là aujourd’hui, la joie universelle qui efface pour nous la malédiction antique. Il est là, celui qui est partout afin de tout remplir de joie. Mais comment est-il là ? Il n’a pas de lanciers, il n’amène pas avec lui des armées d’anges ; il ne fait pas sonner de la trompe sur son passage. Non, il est là, silencieux et tranquille afin de rester caché au prince des ténèbres : il veut prendre au piège le serpent, savamment et sagement, leurrer l’antique dragon, l’esprit, l’Assyrien qui avait réduit en esclavage tout le genre humain ; après quoi, il saisira ses dépouilles.

Son immense miséricorde à notre égard n’a pas toléré que soit dépravée sa grande œuvre : l’homme, pour qui il avait voûté le ciel, affermi la terre, diffusé l’air, rempli la mer, et créé toute nature visible. Voilà pourquoi Dieu est là, sur la terre. Voilà pourquoi Dieu est venu du ciel, Dieu est parmi les hommes, Dieu est porté dans le sein d’une Vierge, Dieu qui est partout et que rien ne peut contenir.

C’est ainsi que la nature humaine reçoit les préludes de la joie et saisit le principe de sa divinisation. C’est ainsi qu’ayant retranché les richesses aux mille phantasmes de son propre péché, elle se pare pour être l’épouse de son créateur. C’est ainsi que notre argile reçoit une nouvelle forme, et que le monde vieilli dépose la vétusté qu’il a contractée du péché. Que d’en-haut les cieux se réjouissent et que les nuées fassent pleuvoir la justice ! Que les montagnes distillent la douceur et les collines l’allégresse ! Car le Seigneur a fait miséricorde à son peuple.

Aujourd’hui, en effet, le mystère caché depuis le commencement des siècles est manifesté, et toutes choses sont restaurées sous le Christ comme tête. Aujourd’hui, la puissance qui a créé toutes choses mène au terme son dessein, celui qu’elle a voulu dès avant la création des êtres, afin que soit ruinée la volonté conçue depuis le commencement par l’inventeur du mal. C’est pourquoi les anges mènent des chœurs et les hommes se réjouissent avec eux, et le cosmos revient à lui-même, tout entier renouvelé. Quel esprit, quelle langue saurait traduire de si grandes merveilles ? Ni le discours ne pourra l’exprimer, ni l’oreille l’entendre.